mardi 9 avril 2013

Elle joue le jeu de l'homme

Elle sollicite, espère, attend
Sur un mot, à son gré, elle cambre
Patiente et ouverte à l’instant
Serrant son secret dans ses jambes

Il questionne, se tait puis ordonne
Dit qu’il veut sans délai ses fesses
Il sourit et prend ce qu’elle donne
Pas de merci, gifles ou caresses

Elle est chienne, sa pute tendre
Prête à ployer, enfin soumise
Elle est sienne, fini d’attendre
Le feu de sa saillie exquise

Il triomphe ou croit triompher
Et cependant qu’il la possède
Elle geint de sa voix décoiffée
Devinant tout ce qui l’obsède

Elle savoure ce jeu de délice
Où l’on oublie sa dignité
S’enivrant de ce beau Narcisse
Qui offre ce qu’elle a mérité




jeudi 7 mars 2013

Cheveux

Ses dreadlocks font des entrelacs
Dans les creux de son cou d’athlète
Rêches mèches, parfum délicat
Dans sa coiffure cordelette

Je m’accroche à cet écheveau
Amarre chère aux naufragés
Ses épaules et ses pectoraux
M’excitent comme une enragée

Des serpents poussent sur sa tête
Quand il me parle à coups de reins
Cheveux mêlés dans cette fête
Sécrètent son secret venin

Dans ce péché on est de mèche
Complices comme faune et bacchante
Il kiffe tant quand je le lèche
Et moi j’aime sa baise lente


jeudi 17 janvier 2013

Putain


Ayant cessé de croire que l’amour est limpide
Qu’il serait fait de rêve et de beau sentiment
J’ai compris que la pauvre âme humaine est turpide
Qu’elle a bien des noirceurs, que la poésie ment

Je ne suis pas amère de mes désillusions
À perdre en romantisme, on gagne en vérité
D’une indulgence à l’autre il est des évasions
Étranges et tendre aussi, malgré leur crudité

Les homme qui me couchent on une envie d’obscène
Je leur pardonne tout comme une prostituée
Car qui sait, si au fond de cette mise en scène
Sous un masque, peut-être, l’amour est affublé ?

Car « putain » est le mot qu’on me souffle à l’oreille
Exhalant des chaleurs de plaisir à mon cou
Vous m’aimez, mes amants, et c’est une merveille
Pour la seule raison que je suis un bon coup


À Lys
 

dimanche 6 janvier 2013

Fin de quarantaine

Je vais quitter bientôt le lazaret de l’âge
La quarantaine enfin a cessé de briller
Certain disent tant mieux, d’autres que c’est dommage
Je vois bien que la vie coule en mon sablier

Et je me dis aussi qu’on n’a jamais aimé
Autant que j’ai aimé ces quatre années récentes
Où tu as distillé à mon cœur affamé
De tes lèvre ourlées, des fièvres indécentes

Je suis comme je suis, je ne regrette pas
Ni ma beauté d’antan ni mes fraicheurs d’enfance
Jamais je ne voudrais revenir sur mes pas
Car c’est en l’âge mûr que vint mon insouciance




lundi 17 décembre 2012

Aude au Géant

Exigeant du plaisir sa dose
Tel est la lubie du Géant
Qui, non seulement prend ma prose
Mais veut mes rimes également

Lui, que m’offre-t-il en échange ?
Sa volonté impérieuse
Et son sourire un peu étrange
Sur sa lèvre délicieuse

Il offre ce qu’il peut donner
En réalité peu de choses
Son corps puissant abandonné
La grâce lente de ses poses

C’est sa vibration nonchalante
Dans nos ébats que je préfère
Qui me rend fébrile et brûlante
Affolée je me laisse faire

Sachant ce qu’il préfère en moi
Et la partie qui l’intéresse
Il m’excite et voilà pourquoi
Toujours je lui offre mes fesses

lundi 3 décembre 2012

Coppélia

Je me suis égarée de toi
Ma rue s’est privée de ton sens
Je roule encore, mais sans l’essence
Comme une chatte sur un toit

Je vis et par défaut, j’avance
Comme une flamenca sans âme
Coppélia privée de sa flamme
Sur mes talons, cambrée, je danse

Je tutoie mais sans dire je t’aime
Ceux qui me nomment jolie dame
Marchant toujours au ras du drame
Sans toi je suis presque la même




Amélie, photo by Alyz

lundi 19 novembre 2012

Métal - Esteban feat Aude

-->
Enfin j’entre en crise
Envie de te tenir en joue
Ta vulve énervée je vise
De mon canon fou

Cible émouvante, envoûtante

Je veux bien, allons,
Te servir de cible
Remplis-moi de plomb
C’est doux quand tu cribles

Je me rends, je m’incline

Souvent sous le joug de ta lance
Je joue, en garce, de ma langue
J’entre en transe dans ta danse
Juteuse comme une mangue

Et lime moi bien que je reluise

Je tire plusieurs coups
Mes reculs font avancer
Tes hanches par à-coups
Trou tiède comme l’acier

Je te chevaucherai encore

Te passant au fil de ma dague
J’affuterai ma lame à ton âme
Qui ne sera jamais plus vague
Le fer pénètre sa dame