jeudi 18 novembre 2010

Lundi

Pour récompenser ma patience
Tu m'as réclamée un lundi
Fini pour nous la pénitence
Désirs, désordres, j'obéis

Car l'amour nous a rattrapés
A chaque fois par les cheveux
De nos bras nus on s'est drapés
Comme d'un velours voluptueux

Tu plonge encore et je me coule
Dans ce ressac harmonieux
Naufragés drossés par la houle
On se noie et c'est délicieux

Vers le ciel nos soupirs s'échappent
Comme des nuages capricieux
Et je deviens chienne qui lappe
Ton lait brûlant et capiteux

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Comme Paris m'a paru beau
Quand je suis sortie de chez toi
Avec aux cuisses un brasero
Et ton odeur au bout des doigts





vendredi 5 novembre 2010

Le pain et le vin

L'an dernier tu étais mon pain
Je mordais dans ta pulpe tendre
On s'aimait, sans trop se comprendre
Toi seul pouvait calmer ma faim

Chaque semaine, tu fus le vin
Sur ma langue, j'aimais te répandre
Puis il y eut la pluie de cendre
Et la gangrène du chagrin

Mais voici de nouveau novembre
Et dans ton quartier, je reviens
De ma démarche de putain
L'air de rien, toujours à t'attendre

A toi, je ne peux plus prétendre
Et je ne te demande rien
Mais je n'ai pas défait mon lien
Quand tu veux, tu peux me reprendre


Aude Doiderose le 5 novembre 2010







vendredi 29 octobre 2010

Délinquant délicieux

Blouson, capuche ou casquette
Je me délecte d'un gars suspect
Un beau lascar en faux Lacoste
Sexy comme un héros de Lost

Ce balèze en prend à son aise
En me coulant des yeux de braise
L'air délicieux du délinquant
Qu'on chope en délit flagrant

Voyou au look aristocrate
Tranquille dans mon troquet, il squatte
Toujours entouré de sa clique
De glandeurs méphistophéliques

Glissant comme un agent secret
Je le vois dans un coin discret
Ou le sauvageon d'allure louche
Aime à m'embrasser sur la bouche

Indécent comme un black panther
Ma racaille ferme alors les paupières
Et quand il se laisse faire l'amour
Je le cambriole à mon tour


mercredi 27 octobre 2010

Bonne aventure


L'Amoureux, l'Ange et la Conscience
Sont les arcanes du Destin
Les outils de ma fausse science
Pour deviner les lendemains

L'Amoureux préside à ma vie
Car il décide où et quand
Dans sa sensuelle lubie
Il choisit d'être là ou absent

L'Ange est toujours à mon côté
M'entourant de ses ailes noires
Si son amour m'était ôté
Absurde serait mon histoire


La Conscience me parle à l'oreille
Et ça me donne des frissons
Quelquefois je suis son conseil
D'autres jours je suis ma passion

D'autres cartes sont vigoureuses
Cavalier, Sage ou Magicien
Pour lire les voies mystérieuses
De mon amour cartomancien

Dans ma roulotte prophétique
A l'enseigne d'un dieu païen
Romanichelle romantique
Je prédis sans comprendre rien

 


jeudi 21 octobre 2010

Traîtresse

















Je préfère ta colère à ton indifférence,
Gifle-moi, mon amour, mais ne m'oublie jamais
Que t'importe, après tout, la faute ou l'innocence ?
Je suis une infidèle, je crois que tu le sais.

Il ne se passe un jour sans que je t'imagine
Je patiente en amante lovée dans le silence,
C'est t'attendre toujours qui me rend libertine
Le plaisir seulement apaise ma souffrance.

Je ne t'oublie jamais et je bois ta colère
Quand tu verses, rageur, ton vin sur ta maîtresse,
Car je sais que tu veux, lorsque revient l'hiver,
Te réchauffer encore au feu de sa tendresse.

mercredi 6 octobre 2010

Le parfum de mon amant noir

Comme une ombre ou comme un espoir,
Même si ce n'est pas vraiment lui,
Cette essence encore me poursuit :
Le parfum de mon amant noir

C'est juste une petite partie
De ce qui fait son mystère,
Mélange de fleur et de terre
De santal et de sucrerie

Malgré mes efforts, j'ai beau faire,
Je n'oublie jamais ce parfum
Qui m'évoque l'instant divin
Lorsqu'il me prenait tout entière

Les odeurs sont de petits riens,
Des sensations particulières
Qui, sans pitié, me suggèrent
Celui dont, depuis, je m'abstiens 


lundi 20 septembre 2010

Désordres




















Jolies bêtises de banlieue
Au lieu de faire mes adieux
Je sonne aux portes de Paris
D'Orléans, de Vanves ou d'Evry

Mes désordres sont un désir
Envie d'exil et de partir
Écœurée d'ici, mais ailleurs
Les baisers seront-ils meilleurs ?

Quand je mets entre parenthèses
Ma passion au parfum de fraise
L'esquivant à grand coups de reins
Je cours au devant les chagrins

Car entre la bouche et la joue,
Entre le brutal et le doux
Entre le sublime et le vil
A quel jeu mon moi joue-t-il ?