jeudi 15 septembre 2011

Mélodie de septembre

Maintenant je suis en septembre
Des amants j'ai perdu le nombre
J'allonge, épanouie, mon ombre
Qui recouvre leur retards tendres

Je vois mon reflet dans leur moire
Tendres sont leurs regards. Eux en août
Moi en septembre et folle sans doute
Évanouie sous leurs yeux noirs

Je persiste et quoi qu'il m'en coûte
L'ombre me couvre et je me cambre
À leurs amours je veux prétendre
Moi en septembre et eux en août


Photo Mark Squire

mercredi 7 septembre 2011

Dans la forêt


Quand on c'est enfoncés dans cette chevelure
Emmêlée de sous-bois, presque chaque brindille,
Fieffée coquine, craquait sous nos chaussures.
Le soleil de septembre lançait une escarbille.

 
Pour montrer le chemin, je marchais la première.
M'égratignant les jambes comme d'espiègles chats,
Les ronces nous saluaient, toujours à leur manière :
Te tirant par la manche et me filant les bas.
 

Puis, comme des aveugles, on s'est cherchés.
Avec nos mains, bien sûr, nos odeurs et nos voix
Et l'on a retrouvé tous nos charmes cachés
Que l'on connais par cœur, sur le bout de nos doigts.

 
On s'est dit à voix basse ce qu'on aime à se dire
Comme ceux qui languissent et se retrouvent enfin :
Les mots et les caresses, les baisers, les soupirs
Et tous les témoignages de notre amour sans fin

 
Plus tard, levant les yeux au ciel vers le feuillage
De petites mains vertes ont béni nos ébats.
Le châtaigner pensait, là haut, dans son faîtage :
Comme j'aime la ferveur de ces amoureux-là !













Photo Julien Clergue

lundi 15 août 2011

Mister H

Le voluptueux Mister H
A envie d'une rousse juive
À la touffe orange et lascive
Fendue comme d'un coup de hache

Il voudrait une japonaise
Aux jambes torses et aux doigts longs
Qui déferait son pantalon
Et le supplierait qu'il la baise

Fausse blonde ou vraie brune ou noire
Si variées sont ses envies
Que ses fantasmes inassouvis
Forment un fascinant répertoire

Entre ses dents cerclées d'acier
Il me distille sa luxure
Et des envies qu'il me susurre
Je ne suis pas rassasiée


samedi 9 juillet 2011

Mon amour n'a qu'un ornement

Mon amour n'a qu'un ornement
Sur sa peau, pas de tatouage
A son oreille, pas de diamant
Comme tant de garçons de son âge

Pas de chaîne à son cou charmant
Ni de piercing à son visage
Quand il se met nu c'est Adam
Somptueux dans son métissage

Mon amour n'a qu'un ornement
C'est son anneau de mariage
Qui me rappelle, incessamment
Qu'en m'aimant il devient volage



vendredi 8 juillet 2011

Cérémonie

Dans une noire forêt de bras
Les chasseurs me cherchent à tâtons
Sans les craindre je suis leur proie
Pas d’esquive je sais qu’ils m’auront

Je leur laisserai la victoire
Quand les chasseurs me trouveront
Je dois céder à leur vouloir
Car c’est leur nuit d’initiation

Dans leur cérémonie magique
D’amour ils feront marathon
Moi au centre je serai unique
Goutte blanche dans ce bois marron

Pour mon bonheur écartelée
A l’heure obscure ils me prendront
Et brandissant leur trophée
En frères ils me partageront


mardi 5 juillet 2011

Eloge de la courbe

Il est un chemin courbe que j'aime tant à suivre
C'est le sentier secret qui me mène à ton cœur
Il se fait labyrinthe, tant parfois il m'enivre
Puissant et parfumé comme un verre de planteur

Entre les cannes à sucre ombrageuses, il serpente
Ponctué de ces fleurs aux roses porcelaines
Contournant le volcan aux mystérieuses pentes
Il perce tes forêts et coule sur tes plaines

Sur ton île exotique aux courbes féminines
Parcourue de frissons et de mille chemins
Troublée, je m'abandonne à ta brise marine
Et ton amour m'emmène à chaque fois plus loin


Le cœur suspendu à la branche

Mon amour, surtout n'oublie pas
Le cœur suspendu à la branche
Mets-le, quand tu partiras
Dans ta poche, au creux de ta hanche.

Suspendu entre ciel et terre
Ce cœur, tu le sais, c'est le mien
Dès que tu t'éloignes il se serre
Il n'est heureux qu'auprès du tien

Rougi de joie et de chagrin
Durant trois années de mystère
Emporte-le comme le témoin
D'un amour extraordinaire