jeudi 16 décembre 2010

Le piège

Aujourd'hui
Je ne t'aurai pas, je sais
C'est dit
Que m'importe, tu me plais

Incertain
Tu passes devant ma fenêtre
Demain
Ou un autre jour peut-être ?

Chaque jour
Je m'habille en rendez-vous
D'amour
Mes corsets sont à ton goût

Mes parures
Dentelle noire sur peau claire
Fourrures
Pièges tendus pour te plaire

Une image
Tu la vois et tu succombes
Passage
Parfois dans mes bras tu tombes

Sous mes doigts
A cette pensée, je salive
Ma proie
Vit, palpitante captive

Chaque fois
Je te relâche, exprès
Et toi
Tu te reprends dans mes rets


jeudi 9 décembre 2010

Fumées

Le cœur au bord des lèvres
Quand le regret me gagne
Je rallume mes rêves
Et je bats la campagne

Retrouvant des saveurs
Au goût âcres et immondes
Dans ces tristes odeurs
De cigarettes blondes

Dans ces brouillards forts
Je me vois autrefois
Celle qui n'aimait alors
Qu'un seul homme à la fois

Quand le chagrin m'écrase
La tête dans la main
Je brûle quelques phrases
Mais le malheur m'éteint

Je m'estompe, il faut bien
Mon âme est sans contours
Comme vous me semblez loin
Fumées de mes amours



vendredi 3 décembre 2010

Zoo

Elle feule, se lève et se farde
Au zoo comme un fantôme en cage
Les yeux au zénith elle regarde
Sans les comprendre les présages

Par les barreaux de sa prison
De sa griffe habile elle agrafe
De longs lambeaux de sa passion
Rouge viande au goût de girafe

Et puis de long en long elle marche
Frôlant les rochers de béton
Seule et somptueuse elle arrache
L'écorce toujours au même tronc

Elle ne sait ce qu'elle regrette
Car elle ignore la savane
Paradis aride où les bêtes
Sauvages ont encore une âme



jeudi 18 novembre 2010

Lundi

Pour récompenser ma patience
Tu m'as réclamée un lundi
Fini pour nous la pénitence
Désirs, désordres, j'obéis

Car l'amour nous a rattrapés
A chaque fois par les cheveux
De nos bras nus on s'est drapés
Comme d'un velours voluptueux

Tu plonge encore et je me coule
Dans ce ressac harmonieux
Naufragés drossés par la houle
On se noie et c'est délicieux

Vers le ciel nos soupirs s'échappent
Comme des nuages capricieux
Et je deviens chienne qui lappe
Ton lait brûlant et capiteux

.........................................................

Comme Paris m'a paru beau
Quand je suis sortie de chez toi
Avec aux cuisses un brasero
Et ton odeur au bout des doigts





vendredi 5 novembre 2010

Le pain et le vin

L'an dernier tu étais mon pain
Je mordais dans ta pulpe tendre
On s'aimait, sans trop se comprendre
Toi seul pouvait calmer ma faim

Chaque semaine, tu fus le vin
Sur ma langue, j'aimais te répandre
Puis il y eut la pluie de cendre
Et la gangrène du chagrin

Mais voici de nouveau novembre
Et dans ton quartier, je reviens
De ma démarche de putain
L'air de rien, toujours à t'attendre

A toi, je ne peux plus prétendre
Et je ne te demande rien
Mais je n'ai pas défait mon lien
Quand tu veux, tu peux me reprendre


Aude Doiderose le 5 novembre 2010







vendredi 29 octobre 2010

Délinquant délicieux

Blouson, capuche ou casquette
Je me délecte d'un gars suspect
Un beau lascar en faux Lacoste
Sexy comme un héros de Lost

Ce balèze en prend à son aise
En me coulant des yeux de braise
L'air délicieux du délinquant
Qu'on chope en délit flagrant

Voyou au look aristocrate
Tranquille dans mon troquet, il squatte
Toujours entouré de sa clique
De glandeurs méphistophéliques

Glissant comme un agent secret
Je le vois dans un coin discret
Ou le sauvageon d'allure louche
Aime à m'embrasser sur la bouche

Indécent comme un black panther
Ma racaille ferme alors les paupières
Et quand il se laisse faire l'amour
Je le cambriole à mon tour


mercredi 27 octobre 2010

Bonne aventure


L'Amoureux, l'Ange et la Conscience
Sont les arcanes du Destin
Les outils de ma fausse science
Pour deviner les lendemains

L'Amoureux préside à ma vie
Car il décide où et quand
Dans sa sensuelle lubie
Il choisit d'être là ou absent

L'Ange est toujours à mon côté
M'entourant de ses ailes noires
Si son amour m'était ôté
Absurde serait mon histoire


La Conscience me parle à l'oreille
Et ça me donne des frissons
Quelquefois je suis son conseil
D'autres jours je suis ma passion

D'autres cartes sont vigoureuses
Cavalier, Sage ou Magicien
Pour lire les voies mystérieuses
De mon amour cartomancien

Dans ma roulotte prophétique
A l'enseigne d'un dieu païen
Romanichelle romantique
Je prédis sans comprendre rien

 


jeudi 21 octobre 2010

Traîtresse

















Je préfère ta colère à ton indifférence,
Gifle-moi, mon amour, mais ne m'oublie jamais
Que t'importe, après tout, la faute ou l'innocence ?
Je suis une infidèle, je crois que tu le sais.

Il ne se passe un jour sans que je t'imagine
Je patiente en amante lovée dans le silence,
C'est t'attendre toujours qui me rend libertine
Le plaisir seulement apaise ma souffrance.

Je ne t'oublie jamais et je bois ta colère
Quand tu verses, rageur, ton vin sur ta maîtresse,
Car je sais que tu veux, lorsque revient l'hiver,
Te réchauffer encore au feu de sa tendresse.

mercredi 6 octobre 2010

Le parfum de mon amant noir

Comme une ombre ou comme un espoir,
Même si ce n'est pas vraiment lui,
Cette essence encore me poursuit :
Le parfum de mon amant noir

C'est juste une petite partie
De ce qui fait son mystère,
Mélange de fleur et de terre
De santal et de sucrerie

Malgré mes efforts, j'ai beau faire,
Je n'oublie jamais ce parfum
Qui m'évoque l'instant divin
Lorsqu'il me prenait tout entière

Les odeurs sont de petits riens,
Des sensations particulières
Qui, sans pitié, me suggèrent
Celui dont, depuis, je m'abstiens 


lundi 20 septembre 2010

Désordres




















Jolies bêtises de banlieue
Au lieu de faire mes adieux
Je sonne aux portes de Paris
D'Orléans, de Vanves ou d'Evry

Mes désordres sont un désir
Envie d'exil et de partir
Écœurée d'ici, mais ailleurs
Les baisers seront-ils meilleurs ?

Quand je mets entre parenthèses
Ma passion au parfum de fraise
L'esquivant à grand coups de reins
Je cours au devant les chagrins

Car entre la bouche et la joue,
Entre le brutal et le doux
Entre le sublime et le vil
A quel jeu mon moi joue-t-il ?



jeudi 16 septembre 2010

Un tramway nommé chagrin

Hier dans le tram.
Elle entre, une ou deux stations après moi, belle métisse, peut être du sang indien, peut être mauricienne, vingt ans. J'ai vu tout de suite une larme, une seule sur sa joue gauche, restée en suspens. Pourquoi pleure-t-elle, cette question se met à trotter dans ma tête. Pour l'amour sans doute, rien ne fait pleurer ainsi, sauf l'amour. Elle vient de se faire larguer peut-être ? Je ne sais pas quel est le type qui a commis cette erreur, car elle est jolie et sensible, fragile, brisée.
Elle s'assoit et mets des lunettes de soleil, de grandes lunette à la mode, pour cacher ses larmes, mais moi je les vois, elles coulent, franchissent le bord inférieur des lunettes et là elle les attrape avec son mouchoir. Sa bouche aussi me raconte son chagrin : imperceptible frémissement des lèvres, parfois un rictus, une grimace de douleur. Les mains chiffonnent le kleenex, tripotent le téléphone, sinistre messager par lequel la nouvelle lui est sans doute arrivée. Je voudrais faire quelque chose pour elle, mais quoi ? Elle est seule dans son malheur, toute seule. La foule se presse dans ce tram de fin de journée, je suis sans doute la seule a avoir vu ce chagrin. Debout près d'elle je lui envoie tout le réconfort qu'on peut envoyer mentalement à une inconnue. Il m'est déjà arrivé moi aussi de pleurer ainsi seule, d'avaler mon malheur, de mouiller la foule de mes larmes. Elle lève les yeux vers moi, j'articule "ça va ?" sans un mot. Elle fait oui de la tête, mais bien sûr ça ne va pas du tout.
Elle sort à Puteaux, moi je reste.

mercredi 15 septembre 2010

Tout à Branly


Musée du Quai Branly. J'accède aux collections permanentes par une longue rampe tortueuse et inclinée. Et là, c'est l'émerveillement : dans une pénombre reposante sont exposés des milliers d'objets, j'ai noté sur mon carnet ce que j'ai vu, juste le nom des choses, je me suis dit "je vais faire un inventaire à la Prévert de tout ce merveilleux bric-à-brac". Impossible de décrire par le menu, il faut voir, ça grouille de belles choses, de trucs étranges, de petits bijoux de bizarreries, de gros blocs de beauté. Tout cela est le fruit du génie de l'homme, ça vous réconcilie avec l'humanité, tant de patience, de talent, d'ingéniosité, d'art.
Ça commence par des masques qui vous regardent avec leurs yeux globuleux, puis des tambours sculptés dans des troncs d'arbres, énormes, j'aurais bien aimé savoir le son qu'ils rendent, puis des pirogues, des massues, des casse-têtes. Puis des effigies, encore d'autres masques, des idoles, des statuettes. Ici des peignes, des bijoux somptueux, des colliers de perles, des broderies de coquillages, des éventails de vannerie, des textiles incrustés, des tissus peints, des appuie-tête, des emblèmes, des gongs rituels. Des coiffes cérémonielles, des costumes de danse en paille pour rites que j'aurais rêvé voir. Plus loin, des sagaies, des sarongs, des tikis, des serpents bénéfiques, des gris-gris nacrés, des crânes d'ancêtres. Et aussi des sabres, des saris, des broches, des stèles, des ornements de plumes, de peau, de fibre, d'écorce, d'or et de terre. D'épais tapis, des poteaux aux esprits, des totems, des peintures aborigènes constellées de petits points, des coupe-coupe, des plats de sacrifice, des coupes.

mercredi 25 août 2010

La nuit

La lune blanche comme une fesse
Éclabousse de lueur les hêtres
Et dessous passant en caresse
Une chouette qui pleure son maître

Ses cris s'étranglent dans ma gorge
En sanglots si peu retenus
Quand elle appelle vers le champ d'orge
Son hibou qui ne répond plus

Dans les flaques de clarté laiteuse
Son ombre fouille la lumière
De ses yeux de bête curieuse
Elle interroge la rivière

Douce aveugle ton chant console
En nocturne mon cœur suspendu
Si jolie quand tu te désoles
Toi ma sœur à l'amour perdu






mercredi 18 août 2010

Vacances chez les Grecs


Le mot "vacances" évoque toujours pour moi la vacuité (et par assonance la vanité). Vanité et vacuité des plages où l'on ne fait rien que bronzer, enfin les années où il fait beau, bien sûr. Lire sur la plage est très inconfortable : sur le dos on a le soleil dans l'œil, sur le ventre on a le nez dans sa serviette, dommage quand on est au bord de la grande bleue. Alors si on ne peut lire, que faire ?
Regarder les autres, mater comme on dit vulgairement. Mater qui ? Les beaux sont rares et les moches légions. Donc je mate l'horizon, la mer, les îles, les nuages.
Quand je m'en suis bien rassasiée je vais me faire voire par les Grecs.

mardi 27 juillet 2010

L'amour en foudre


Quand l'amour s'abat comme la foudre
Il nous perce de part en part
Nous consume, nous réduit en poudre
Et le vent nous chasse au hasard

Que sais-je de ce qui nous rapproche
Et pourquoi nos cœurs se réclament ?
Le Destin gardait dans sa poche
Cette passion qui nous désarme

Et si souvent tu te questionnes
Tu ignores ce qui nous rend fous
Etrange fièvre qui nous donne
Des tourments si forts et si doux

Par ta délicieuse insolence
De mon esprit tu t'es fait maître
Sans savoir, dans ton innocence
Que ton amour me fait renaître

Par le corps mais aussi par l'âme
Se pénétrant mutuellement
On se foudroie et on s'enflamme
En phénix, éternellement

Aude Doiderose le 27 juillet 2010



lundi 26 juillet 2010

Amour Liquide














C'est simple et limpide
D'évidence, tu vois
Je fonds dans le vide
Sous tes douze doigts

Sensuelle et fluide
Je sais bien pourquoi
Humble et humide
Le sourcier, c'est toi

Lorsque je m'allonge
Que tu te réglisses
En nage tu plonges
Au fond des abysses

J'adore ces combats
De poule et de coq
Nos furieux ébats
Superbes et baroques

Quand on accélère
Fous sans équivoque
Tu es pur comme fer
Et c'est réciproque

Puis je me disloque
En poupée de soie
Souvent je suffoque
Les yeux pleins de joie

Je me laisse saler
De larmes amères
Ton amour sucré
Ferme mes paupières

jeudi 22 juillet 2010

La face cachée des fesses


Dommage, je n'ai pas eu le bonheur de voir le documentaire diffusé sur Arte en décembre 2009. Mais par bonheur, je suis tombée sur le bouquin en rendant visite à mon libraire : je suis tombée sur les fesses. Un magnifique livre, exhaustif, abondamment illustré de photos superbes. Je l'achèterai sûrement, oui, je me l'offrirai, et prendrai le temps de tourner les pages en humidifiant mon majeur du bout de la langue. Hum, ça me donne des idées. Visitez Le site de l'émission et Le livre

lundi 21 juin 2010

La Belle Hellen







Samedi au Bon Marché. Comme son nom ne l'indique pas, le grand magasin le plus cher de Paris. J'adore y aller, surtout quand j'ai pas un sou. C'est comme une cure : j'admire tout, je ne suis tentée par rien et je fais des économies. Il y règne une belle lumière Art Déco (à cause de sa magnifique verrière) et surtout une atmosphère chabada-rive-gauche, rien à voir avec les grandes machines d'Haussmann.
Donc j'y flânais, flairant ce parfum de luxe, tâtant la mollesse des canapés de designers, caressant nonchalamment les cachemires au passage. A détour de ce no-shopping je tombe sur l'exposition Hellen Von Unwerth, je me suis alors rincé l'œil avec ses magnifiques photos.
De grands tirages, épurés, en couleur mais surtout en noir et blanc, des femmes splendides aux yeux charbonnés : cette photographe a le talent pour résumer tout l'érotisme depuis deux siècles. Et puis, excusez du peu, les modèles sont toutes des vedettes, des stars, du gratin.

Allez-y c'est sexy, joli, gratuit.

jeudi 17 juin 2010

Un café allongée

Brasserie de la place, dix heures. Au comptoir, deux commerciaux, vulgaires. On parle de foot évidemment. Le bistrot est pavoisé de drapeaux Coupe du moOonde oblige, mais personne ne se fait trop d'illusions sur le matche de ce soir. C'est pourtant chouette d'espérer, ça fait du bien, mais l'espoir est devenu denrée rare. Les discussions vont bon train, mais sans fièvre, le foot ne fait plus rêver et les salaires des joueurs font grincer les dents.
Soudain un type à côté de moi commande un café allongé. Moi j'imagine déjà qu'il va siroter son moka allongé sur un sofa. Ce printemps est décidément trop froid, trop morose. J'aimerais ne pas me lever le matin, juste ouvrir un œil et commander un café, allongée.

lundi 14 juin 2010

Nigauds ou salauds ?

 L'éducation des femmes n'est-elle pas fondée sur la méfiance vis à vis des hommes ?
Ne lui prête-on pas les plus noirs desseins : Séduire et abandonner, briser les cœurs, abuser du corps avec le plus profond mépris pour la délicatesse de l'âme féminine ?
De leur côté, les hommes ne sont-ils pas bercés de la soi-disant vénalité, inconstance, hypocrisie et vanité des femmes ?
Il s'en suit un éternel malentendu entre les deux sexes : les femmes se considérant, à tort, comme des proies poursuivies par des satyres et prenant les hommes soit pour des nigauds, soit pour des salauds.
Or, en somme, quel est l'enjeu ? La relation sexuelle.
Les hommes peuvent la rechercher, la suggérer, la proposer (ou l'imposer mais ce n'est certes pas recommandé)  aux femmes, mais elles seules ont le pouvoir de l'accepter ou de la refuser. C'est donc une position que je qualifierai de dominante. Il n'y a par conséquent pas de raison de se méfier des hommes plus que des femmes. Sauf, peut-être, un certain goût que nous aurions, nous les femmes, à nous poser en victimes?

lundi 7 juin 2010

Ficelée comme un rôti





Je me fais un petit fantasme bondage. Je trouve intéressant la symbolique du nœud (Arf) et de la corde. De la ficelle, du lien, des fils emmêlés, le mythe d'Ariane. Ca me rappelle quand j'ai fait du macramé, petite, et du crochet. Les nœuds de marins (oui, je sais il y en a qui gloussent dans le fond) c'est toujours joli et aussi les nœuds coréens. Et puis je suis très bricoleuse j'ai toujours aimé traîner au sous sol du BHV. Tout cela reste très théorique, je ne suis pas sûre que ça me plairait physiquement mais intellectuellement c'est ce que je vis avec lui.

mardi 1 juin 2010

Pêche au toc et chasse au moche












Ce week end c'était le vide grenier. Le bric à brac était sorti, c'était plutôt le vide placard, le vide plastique, le vide frusques et vieux trucs en toc. Tout cela était fort sympathique : on constate que chez les autres c'est le même bordel que chez nous, voir pire. Et puis pour une fois qu'on recycle, qu'on cesse de jeter ou de consommer du neuf. Enfin une nouvelle vie pour le laid.
Et le laid se vend bien, il y en a pour tous les mauvais goûts. A la fin de la journée le désordre avait changé de maison, l'argent changé de poches. Vive la chasse au moche.

samedi 29 mai 2010

L'héroïne





T'appartenir, penser à toi
C'est le cœur rouge de ma névrose
Ma vie s'épuise et se nécrose
Lépreuse, je me perds, doigt par doigt

Je suis comme tous ces toxicos
Qui damnent pour une dose
Au dernier shoot, on suppose
Qu'on les trouvera sur le dos

Je me meurtris à te chérir
Souffrant d'une étrange hystérie
Cet amour est une maladie
Dont je ne veux jamais guérir

Pour mon bonheur, malgré ma peine
Par obsession et par faiblesse
Je te conserve ma tendresse
Toi seul sait à quel point je t'aime


Aude Doiderose le 29 mai 2010 



Photo Martine Barrat

vendredi 21 mai 2010

Le temps passe


J'ai laissé faner les lilas
Sans pourtant descendre au jardin
Ma mésange a chanté en vain
Le temps passe, je ne suis pas là.

A force d'attendre un lendemain
Les jours pressés, inquiets, s'enfuient
Comme cet âcre couple de pies
Aux cris noirs qui ne disent rien.

Qui prendra soin du seringa
Dans ses branches les mouches questionnent
Je suis absente et elle s'étonnent
Pourquoi n'est elle toujours pas là ?

Ô mon jardin, je t'abandonne
Je m'égare, me pardonnes-tu ?
Adieu, je me suis pendue
On me trouvera au cou de cet homme.


Aude Doiderose le 21 mai 2010 


dimanche 16 mai 2010

Jolies rues et jolis nus



Je marchais hier dans le 6e arrondissement de Paris. De bien jolies rues, des boutiques de luxe qui justifient l'expression "faire du lèche vitrine" tant les articles exposés sont attirants et chers. On en bave d'envie.
Il y a beaucoup de galeries, dans l'une d'elles des photos ont attiré mon attention.
Une série de nus féminins: poses classiques, femmes très blanches aux formes épanouies. L'originalité des photos réside dans le contexte de la prise de vue : les femmes sont saisies dans de vielles usines abandonnées, des entrepôts désaffectés, sites industriels décatis. L'art de la composition, la gamme chromatique m'ont immédiatement séduite. L'opposition entre la virilité du monde industriel, matérialise et fonctionnel et la grâce des nus est remarquable.
A voir jusqu'au 22 mai si l'occasion s'offre à vous.
Emma Barthere, Galerie Images de Fer

vendredi 14 mai 2010

Tir au pigeons


Heureusement qu'à Venise il y a moins de pigeons qu'avant. J'aime pas les pigeons : leur façon de marcher, leur roucoulement stupide, leur reproduction galopante, leur gloutonnerie et leur effronterie.
Voilà je l'ai dit.

vendredi 7 mai 2010

Novembre (poème calligramme)



Novembre est un mois languide
Ramassant les feuilles en brassées
Rouges, odorantes et humides
Par elles je me laisse embrasser


Étourdie par l'amour trouvé
L'automne m'incline à la paresse
Je crains de ne rien mériter
Du miel de cette tendresse


Je m'éparpille et me disperse
Ne promets rien mais tient toujours
Geisha gracieuse et perverse
Je combats l'amour par l'amour


Dans ce kaléidoscope
De désirs et de sensations
Où mes amours se télescopent
Je dilapide ma passion

jeudi 6 mai 2010

Les masques ont les yeux vides

Venise, tes rues tes canaux, tes rios, tes voix, tout me charme, tout sauf les masques de carton aux yeux creux.
Venise ma médiévale, ma craquelée, ma belle humide aux odeurs de lagune, je t'aime. Étroite, fardée de marbres, pieuse et hypocrite, gourmande de poulpes et de pâtes à l'encre.
Place Saint Marc l'officielle Venise se donne sans vergogne à des touristes obèses qui repartent repus. Mais, ma belle, si on sait te prendre, te flatter, te parcourir, t'arpenter en tous sens, tu livres alors la tiédeur de tes places désertes.

jeudi 22 avril 2010

Bas et masque


















J'ai toujours beaucoup aimé les costumes et travestissements. Bientôt je vais me promener dans les ruelles de Venise. J'aurais bien sûr une pensée pour ce cher Casanova, séducteur charmant et dominateur comme je les aime.
Je n'aurai pas de masque mais j'aurai sûrement des bas. Si vous y êtes vous m'y reconnaitrez peut être ?

jeudi 15 avril 2010

La chair qui claque



Une chair présente, indécente mais humaine, si palpitante et chaude : Lucian Freud a une façon de brosser les corps, de les frictionner, de les étriller qui leur fait rougir les jambes. A moins que ce ne soit la durée interminable de la séance de pose qui fasse gonfler les membres inférieurs. Les pieds sont tuméfiés, les mains rougies, les sexes fragiles, les cuisses sont bleuâtres. Obèses, flaques, maigres ces nus n'arrivent pas à la laideur malgré le regard impitoyable du peintre. Lucian Freud a une façon bien à lui de "faire" les corps mais il sait aussi saisir l'âme des plantes et même celle des immeubles anglais.

dimanche 4 avril 2010

Le lundi au soleil














Je n'aime pas quand il ne me reste que quelques pages à lire. Je n'aime pas plus la fin des livres que la fin des tasses de café : toujours trop amères ou trop sucrées. Selon l'heure, la journée n'a pas le même goût. Terminer un livre en terminant la journée c'est trop de fins en même temps. J'aime pas non plus les fins de semaine, j'ai toujours l'impression angoissante que j'ai pas fait ce qu'il fallait de mon temps.
Je dois être une des rares personnes qui aiment les lundis matin.

PS : je dis ça parceque j'ai fini "Le marché des amants". J'ai aimé ce livre, pour des raisons subjectives et personnelles mais aussi parce qu'il est bon. J'ai fini aussi Verre Cassé que je recommande tous azimuths : c'est drôle, érudit, fin, Alain Mabankou est un Rabelais-congolais (voir mon journal précédent).

Et zut j'ai rien à lire maintenant.

vendredi 2 avril 2010

Cent secondes de solitude


J'ai besoin d'avoir le temps de penser, de réfléchir. J'ai besoin de ce calme que je ne trouve que dans les brasseries, les centres commerciaux, ces hauts lieux de solitude et de méditation. J'entends le brouhaha des conversations, des gens passent, entrent et sortent, s'agitent. Et moi je suis perdue dans ma réflexion, ma lecture ou ma rêverie. Tous travaillent, moi je suis oisive, tous consomment, achètent, moi je regarde.Ces temps d'inaction sont trop longs, ils prennent sur ma vie. Alors je me fais violence, je me force à revenir à la réalité et cela me coûte de plus en plus d'efforts.

jeudi 1 avril 2010

Yes I can










Est-ce que je vous ai raconté comment Nicolas m'a lourdement draguée l'autre jour ? J'ai refusé ses propositions, je suis trop copine avec Carla. Et puis vous m'imaginez avec ce petit bonhomme survolté pas du tout mon genre ?
Non, mon genre c'est plutôt Barack, on a eu une aventure l'année dernière mais la distance, ses responsabilités, les miennes, bref, on a décidé d'arrêter. Je vous l'avais pas raconté ça ? Tiens, ça m'étonne. Ah Barack, il adore me réciter des poèmes dans l'oreille, moi je comprends pas tout mais ça chatouille, j'aime bien.

mardi 30 mars 2010

Une leçon de grâce













Hier soir, à l'heure ou mes paupières habituellement s'alourdissent, j'ai regardé un documentaire sur Arte à propos du célèbre musicien classique indien Ravi Shankar et de sa fille et élève, anoushka shankar. Si on met de côté l'aspect un peu érudit du sujet (le point de vue du musicologue est à la limite de mes capacités intellectuelles !) il m'a paru très intéressant de comprendre les rapports étroits entre un guru et son élève, surtout lorsque celui-ci en est également le père. Quand à cette magnifique jeune femme, musicienne de talent, je vous laisse juge de son charme. Pour moi elle incarne le summum de la grâce et du talent, éclipsant toutes les pauvre vedettes de variété internationale dont je n'aurai pas la cruauté de citer ici le nom.

Ravi Shankar, l'extraordinaire leçon Réalisé par Frederic Le Clair

lundi 29 mars 2010

À la bonne heure


Il est l'heure d'été. On a perdu une heure de sommeil inutile, debout ! Il est l'heure des jupes, des bas, des robes. Il est l'heure des chemisettes, des shorts et des chaussettes. Il est l'heure de s'assoire en terrasse pendant des heures. Il est l'heure de soutenir le regard des plus hardis. Il est l'heure de remettre sa pendule biologique à l'heureuse heure, l'heure du soleil qui vous chauffe les reins. L'heure de salades, des desserts, des sodas. L'heure de s'installer sur un banc ou sur l'herbe au parc. L'heure de passer la main pendant des heures sur les peaux frémissantes. 
Ah ! A la bonne heure ! Je vois que ça vous parle, que ça vous titille vous aussi.

J'aurais voulu être lui

…Je collais le téléphone à mon oreille, je fermais les yeux. J'aurais tellement aimé lui dire tout ce qui m'arrivait et être comprise par lui, comme moi je le comprenais. J'aurais voulu être lui. Ou quelque chose dans sa poche, qui lui appartienne, qu'il ait toujours sur lui, sa clé, son téléphone.

Christine Angot, Le marché des amants.

jeudi 25 mars 2010

Marché conclu


Le livre de christine Angot, "Le marché des amants", je l'ai commencé mercredi et je crois que je l'aurai fini à la fin de la semaine. J'en avais lu une critique sur le net qui m'avait paru plutôt négative mais spirituelle et cela m'avait donné, paradoxalement, envie de le lire. J'avais aussi aimé la photo de la couverture, (c'est mon côté irrationnel, ou visuel, si on veut : si la couverture est bien il me semble que le livre doit l'être aussi). Je suis vraiment une fille de pub.
Les premières pages ne m'ont pas beaucoup plu, j'ai trouvé que le style était agréable mais la narration un peu lente, cette liaison commençait mou. Le contexte "people et maison d'édition" parisiens me gonflait aussi, les affaires des gens connus ça ne m'intéresse pas
Mais c'est tout sauf une histoire de gens connus, en fait. C'est une histoire d'amour qui me touche profondément. 
Cette histoire a éveillé tant d'échos à ma propre passion que j'en ai été bouleversée, comme si elle disait les choses que je voulais, moi aussi, exprimer. J'ai eu envie de pleurer, par moments, tant j'y trouvais de points communs.

mercredi 24 mars 2010

Aslan ou l'amour des femmes

Qui n'a pas un jour ou l'autre fantasmé sur ces créatures si réelle, si charnelles, ces pin-up d'Aslan publiées dans Lui ? Moi je les trouvais si belles que j'aurais aimé leur ressembler : sexy et fraîches, même pas vulgaires.
Sans parler du vrai talent de dessinateur de cet artiste.


Visitez le site pinup aaslan et découvrez la beauté qui a présidé à votre naissance !

mardi 23 mars 2010

Fantasmes en kit



Il paraît que les hommes fantasment sur les images tandis que les femmes préfèrent se faire leur propre cinéma mental à partir des mots. J'ai pu expérimenter les deux techniques sur mon cher cobaye. Evidemment les photos sont redoutablement efficaces, cependant elles finissent par devenir frustrantes : on veut toujours en voir plus. Avec les mots, c'est différent : ils génèrent eux-mêmes les images. Le destinataire reçoit la "matière première" qui doit nourrir son imagination et après c'est lui qui travaille. C'est un peu la même différence qu'entre regarder un film et lire un roman.

lundi 22 mars 2010

La beauté du geste


De temps en temps je lève les yeux de mon expresso pour regarder l'écran suspendu au dessus de la porte du café-restaurant. Il diffuse exclusivement du sport et moi, le sport, par principe ça ne m'intéresse pas. Sauf que parfois je regarde un joli ralenti : une faute pendant un match de foot : le joueur tombe et roule avec grâce, il mime la douleur et s'en remet à l'arbitre, un skieur s'élance du tremplin, un golfeur balance un joli swing. Quand je tourne la tête vers les cuisines où les employés s'activent, je surprends parfois un beau geste. L'un des cuisiniers a les bras plongés dans un grand évier en inox où nagent des montagnes de feuilles de salade. Il les lave délicatement, avec tendresse, on aimerait être une de ces petites feuilles croquante dans l'eau glacée.
Un beau geste c'est un geste fait avec grâce et naturel.

vendredi 19 mars 2010

Peur du noir

La nuit je prends de bonnes résolutions, la nuit je m'inquiète, la nuit j'écris de magnifiques poèmes que je ne note pas, la nuit je dors. Puis au matin, au grand jour, tout disparaît : je fais fi de mes résolutions, j'ai envie de prendre le bus, j'oublie mes dettes, j'oublie les poèmes de la nuit, le jour je rêve car je n'ai plus peur du noir.


"Cinq Cent One est mon matricule
Quand je prends le microphone j'ajoute une particule
Voila le son qui te désarticule
Que les ados crados graves au micro gesticulent

Tu fabules genre t'es Brad Pit-bull
Mais la banlieur de Pari s'en bat les testicules
L'entreprise est le véhicule
Jamais on ne fabule, jamais ne capitule

C'est du son patate, pour les orangs outangs les macaques
Du son pour les 4X4 blacks avec vitres opaques
Pour Tupac, pour les zones urbaines
Les pauvres veulent du cash vive la classe moyenne!


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Prédominant, sans boniment, trop dominant, proéminent
Trop militant, véritablement anti Taliban
Ils roulent en Lexus double bingo Solaar plexus
Vitre doublée de Plexiglas 20 degrés Celsius
Rock star, j'porte l'étendard
Que les troupes, les groupes, les crews crient : Mollah Solaar

Cession sans concession, guerre de sécession sur sillon
Comme sur microsillon
Si on choisit la voie de la récession
Pourquoi prendre le mike et libérer tant de postillons

On vient prendre des bastilles comme les Faboulous
Faire progresser le son comme Cash Money et Marvelous
Le combat continue jusqu'à la victoire
Au revoir, à plus, luss Mollah Solaar.



MC Solaar

jeudi 18 mars 2010

Paris Paresse

Les filles ont recommencé à porter des jupes, les garçons des lunettes de soleil. Même si c'est trop tôt, c'est si bon d'y croire. Pas envie de bosser, envie de flâner dans Paris la Grande Feignasse, envie de s'asseoir en terrasse à regarder passer la vie, avec philosophie. Envie de traîner au lit en plein jour mais d'être dehors en même temps. Envie d'acheter de nouvelles chaussures (facile, ça, je l'ai fait hier). Envie de voir l'aimé, de le passer au grill de mes envies, de le retourner comme une belle entrecôte, dix minutes de chaque côté, puis de le manger tout cru en lui racontant des salades.

Le printemps est venu : comment ? Nul ne l'a su.
Antonio Machado.